Les taux négatifs vont encore durer un moment

Les taux négatifs de crédit amplifiés par la pandémie du coronavirus

Selon le patron de la Banque Nationale Suisse (BNS), Thomas Jordan, la pandémie de coronavirus n’a fait que renforcer le taux négatif et l’appréciation du franc. Le taux d’intérêt négatif perdure depuis sa mise en vigueur en 2015, le problème est devenu structurel. La BNS a opté pour deux instruments pour faire face à la crise de coronavirus. Ces mesures ont été exploitées bien avant la crise, notamment les taux négatifs et l’intervention dans le marché des changes et des crédits hypothécaires, a relaté M. Jordan durant une conférence virtuelle.

Les doutes planent dans le monde et la devise helvétique est souvent considérée comme une valeur refuge en temps de crise. Avec la chute des taux d’intérêt validée par d’autres banques, la situation ne s’améliore pas. « Ainsi, il faut agir en parallèle sur le taux d’intérêt négatif et les interventions sur le marché des changes », a souligné Thomas Jordan. Ce dernier considère que le taux négatif « a fait ses preuves en Suisse » depuis sa mise en vigueur en 2015. L’accord d’un « montant largement exonéré » de ce taux pour les banques aurait limité les impacts négatifs sur le système bancaire, admet Thomas Jordan.

Rehausser les liquidités des banques

Pendant la pandémie, la Banque National Suisse (BNS) a l’obligation de proposer rapidement aux banques les liquidités nécessaires pour équilibrer la chute des revenus des entreprises suisses, soutient Thomas Jordan. Les recettes de la plupart d’entre elles ont fortement diminué depuis le confinement, tandis que leurs charges ne changent pas. Pour prévenir un problème de solvabilité généralisé, le Conseil fédéral a activé un programme de cautionnement pour le système de crédit ou de prêt octroyé aux entreprises.

Des crédits garantis ont été validés à des taux d’intérêt nuls pour l’emprunteur, les prêts pouvant atteindre 500 000 francs. Les banques ont assuré le rachat de ces crédits cautionnés au taux de -0,75 % auprès de la BNS, une facilité nommée BNS-COVID-19. Elle permet de « rehausser les liquidités des banques et leur aptitude à attribuer des crédits à des conditions rentables à l’emprunteur », certifie le patron de la Banque Nationale. Des banques suisses octroient actuellement des prêts hypothécaires à taux négatif. L’hypothèque à taux d’intérêt négatif est d’ailleurs appliquée dans l’immobilier suisse et son système de crédit et d’assurance. À noter que chaque emprunteur ne peut profiter que d’un seul prêt. En principe, tout crédit hypothécaire nécessite une assurance solde restant due (SRD).

Pour le remboursement d’une hypothèque avant l’échéance, vous avez l’obligation de verser à la banque tous les intérêts dus jusqu’à l’échéance préétablie du crédit à la fin du prêt, majorée d’un intérêt négatif.

Le banquier central a souligné le fait que la Suisse et son économie ouverte sur le monde étaient assujetties aux agitations internationales. Le taux de crédit avoisinait -0,75 %, même préalablement la crise, son niveau le plus bas jamais enregistré.

L’économie suisse est mise à l’épreuve par la pandémie de coronavirus. Cela ne permet pas de remettre avec assurance, en cause ultérieurement le taux directeur négatif. « La relance économique nécessite du temps. Des politiques monétaires et budgétaires expansionnistes sont incontournables, d’après la conclusion du patron de la BNS.

 

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